Plan national de gestion des déchets radioactifs : « les débats peuvent créer de l’intelligence collective »

Jusqu’au 25 septembre 2019, le PNGMDR (Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs) fait l’objet d’un débat public sur tout le territoire. Objectif :  permettre l’expression des points de vue et des arguments de l’ensemble des citoyens sur la gestion des matières et déchets nucléaires.

Nous avons recueilli le point de vue de Bertrand Pancher, député de la Meuse, département où se trouve le laboratoire Cigéo à Bure, projet français de centre de stockage profond de déchets radioactifs.

Êtes-vous convaincu par le projet de stockage Cigéo que vous avez visité ?

Les conditions de sécurité et de sûreté de Cigéo, projet mené par l’Andra, me paraissent remarquables. C’est un endroit où l’on va entreposer les déchets nucléaires dans une couche d’argile très dure et hermétique de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur.

Le vrai problème pour les déchets nucléaires est celui de la contamination de la nature par l’eau c’est à dire qu’il faut à tout prix éviter que les déchets se mélangent et soient emportés par l’eau, ce qui pourrait contaminer la végétation et l’alimentation.

La vraie question pour ces déchets de Haute activité à vie longue (HAVL) est de savoir si on les laisse sur le sol protégé et gardienné en permanence, ou bien si on les entrepose dans un endroit où il n’y a aucune possibilité de contamination et notamment d’interaction sur le plan humain.

Je suis personnellement rassuré par le projet même s’il y a la question de la sécurité lors de l’entreposage. Il faut faire très attention pour qu’il n’y ait pas d’incendie à l’intérieur quand on entrepose, de façon à protéger ceux qui seraient en train de travailler ou de manipuler. C’est ce qui est d’ailleurs ressorti lors du dernier débat public sur Cigéo.

Jusqu’en septembre, un débat national sur la gestion de ces déchets radioactifs est organisé. Ce débat est-il utile ?

Clairement oui, la démocratie en sort grandie. A travers ce débat démocratique, c’est la question de la gestion de toute la filière qui est posée.

Et pas uniquement les déchets radioactifs à vie longue mais aussi l’ensemble des déchets radioactifs nucléaires, civils et médicaux. Première observation : j’ai le sentiment que ce débat a été très bien préparé en amont par la Commission nationale du débat public.

Seconde observation : pour la première fois, toutes les grandes organisations, qu’elles soient favorables ou défavorables au stockage en profondeur des déchets nucléaires, ont accepté de participer au débat. C’est le cas notamment de France Nature Environnement qui a été interrogée.

La contribution de l’ensemble des acteurs a été résumée et mise en ligne par la Commission nationale du débat public. Quelle que soit la catégorie de déchets, on va pouvoir recueillir l’avis argumenté de toutes les organisations concernées.

Cela va aider à la compréhension du problème et à la possibilité évidemment d’y répondre parce que je crains, comme d’habitude, que les concertations sous forme de débat public soient perturbés par ceux qui n’ont pas envie de débattre.

La gestion des déchets est-elle transparente du coup ?

Pour ceux qui se donnent la peine de travailler sur le sujet, la documentation de la Commission est très fournie. Et j’ajoute que tous ceux qui le souhaitent peuvent visiter le site. Je recommande d’ailleurs de le faire, c’est très instructif !

Et j’attire votre attention sur le fait que plus les personnes habitent à proximité de Bure, plus ils sont rassurés.

Une observation d’une enquête réalisée par un cabinet complètement indépendant a démontré que, dans le bassin économique de « Bure Cigéo », les gens sont beaucoup plus rassurés qu’ailleurs parce que justement ils y sont allés.

Je note que le premier débat public avait éclairé les pouvoirs publics en considérant qu’il fallait inscrire dans la loi la question de la réversibilité pendant un délai d’un siècle.

Les personnes experts sont unanimes pour dire que le débat est bien organisé. C’est un travail collectif pour une probable solution pérenne. Cela n’empêchera pas de rencontrer des gens génétiquement opposés.

Et j’en suis persuadé : les débats peuvent créer de l’intelligence collective nationale.

Peut-on être contre le nucléaire mais pour Cigéo ?

Bonne question… L’énergie nucléaire n’a pas dit son dernier mot car elle ne produit pas de gaz à effet de serre et que la réduction de la consommation énergétique n’est pas pour demain.

Que l’on soit pour ou contre le nucléaire, c’est comme le nez au milieu de la figure, les déchets nucléaires sont bel et bien là ! Je pense qu’il faut absolument traiter la question des déchets nucléaires. Si nous avons une solution pour traiter en toute sécurité la question pendant des milliers d’années, il ne faut pas hésiter et le faire !

 

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